La fontaine

Très ancienne, la date de création d’une fontaine à Rumengol est inconnue. Probable objet d’un culte païen puis christianisée, elle était située au bord sud du chemin (près de l’abri-bus actuel) conduisant à la forêt du Cranou, domaine privé du vicomte du Faou. 

La forêt était exploitée de longue date par des charpentiers : pour la construction navale au port du Faou (attestée en 1441) celle des maisons à pan-de-bois et pour la Marine de Brest, depuis 1684. 

Vendue au roi Louis XIV en 1701, la forêt du Cranou est cédée à la Marine en 1702 (établie en 1631 à Brest). Plusieurs centaines de m3 de bois sont alors transportés annuellement au port du Faou pour être livrés à l’arsenal. Souillée en hiver par le passage fréquent des fardiers lourdement chargés, la fontaine sera transférée, en 1792, du côté Nord de la route, à sa place actuelle.

Entourée d’une enceinte quadrangulaire, la fontaine est installée en contrebas de la route. Barrés par deux échaliers (longues ardoises qui empêchent les animaux vagabonds d’y accéder) deux escaliers mènent au bassin placé devant un petit édicule à arcade ogivale. Il abrite un bas-relief de l’Annonciation en pierre de Kersanton et deux statuettes qui seraient saint Guénolé et saint Fiacre (ou saint Primel).

Lors des pardons dans ce sanctuaire où la Vierge n’est pas apparue, de nombreux pèlerins, pleins d’espérance, se rendaient à la fontaine où l’on distribuait l’eau, censée guérir plusieurs maux. De nos jours, l’eau n’est plus potable.

La fontaine est inscrite aux Monuments historiques le 18 octobre 1926.

Sources : DANGUY des DESERTS Mad - DANIELOU Serge : Notre-Dame de Rumengol : architecture, mobilier. Juin 2021. Editions Paroisse N-D de Tout remède. Landerneau. ASSOCIATION AR FAOU : L’activité oubliée du port du Faou et de la forêt du Cranou – catalogue expo 2003 – disponible dans les bulletins historiques. Photos avec l'aimable autorisation du fonds Jos Le Doare à Châteaulin.
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