Le 11 avril 2024, le conseil municipal a choisi de nommer l’école publique du Faou en l’honneur d’Emilienne et Jacques Kerhoas. Ils ont tous les deux œuvré pour la jeunesse et la culture : elle par l’enseignement et la poésie, lui par les classes de mer.

Comme l’écrit si bien Alain-Gabriel Monot dans le prologue de son ouvrage Soie du feu sur l’étoffe du ciel” sorti en 2023 : Nous avions une grande poète, [Emilienne Kerhoas] et nous ne le savions pas. »
« Si les prétendants au beau titre de poète sont nombreux, bien peu hélas le sont vraiment. Emilienne Kerhoas, disparue à la fin de l’année 2018 [au Faou] , était en Bretagne, la plus notable de ces rares élus, splendide et singulière, sans guère d’influences ni de disciples, irréductible jusqu’à elle-même … Sa voix singulière, moderne, se plaît à l’évocation de la fragilité émouvante des êtres et de l’inexprimé des sentiments. Hantée par la mort impossible, sa poésie est également amoureuse et sensuelle”
“Son époux, Jacques [Kerhoas] instituteur visionnaire comme elle, devenu professeur bien connu en tant que créateur des classes de mer”
“La poésie selon Emilienne Kerhoas se déploie en grâce, lenteur et majesté, transcription débarrassée de scories et d’emphase de ce qui est volé au spectacle du monde – ce monde que l’on voit si mal. Elle use d’une langue rare et superbe pour décrire cet état de l’être quand tout devient diaphane, transparent et qui semble qu’un autre chemin vous soit ouvert.”
En 1947, études théoriques terminées, stage pédagogique achevé, Emilienne née Saleun à Landerneau en 1925, et Jacques se marient … Leur noble profession d’instituteur apparait aux jeunes gens comme une invitation permanente à refaire le monde.”
Le couple est nommé à Saint Cadou en 1950 puis à Daoulas en 1957, Brest en 1962.
“Jacques Kerhoas crée la première classe de mer à Logonna-Daoulas [en juin 1964) dans le centre nautique de Moulin-Mer qu’il rénove passionnément avec des amis [pendant 2 ans]. C’est une révolution pédagogique aussi promise à un avenir étincelant. Aussi brillant en son domaine que son épouse en le sien, aussi passionné qu’elle par cette tâche exaltante de passeur qui est le grand honneur et le grand bonheur des métiers d’instituteur et de professeur, Jacques Kerhoas contribue en ce début des années soixante à transformer puissamment l’institution scolaire”.
Comme le relatent de nombreux articles dont un de 1976 : “en classe de mer, tout l’enseignement est directement lié au monde environnant. Et c’est à partir des observations que les élèves ont faites pendant leur sortie que les cours s’organisent.” Gageons que de nombreuses activités pédagogiques à venir suivent ces exemples des plus inspirants.
L’installation du couple, Emilienne et Jacques Kerhoas, au Faou suit avec les nombreuses balades en forêt du Cranou et passages au sanctuaire de Notre-Dame de Rumengol.
Jacques s’éteindra en 1992. Ces deux êtres exceptionnels ont marqué de leur empreinte le monde littéraire de leur temps Louis Guilloux, Léontine Drapier-Cadec, Philippe Le Guillou. Ils ont contribué à la formation spirituelle de générations d’enfants et “font semblant de dormir” dans le cimetière du Faou.
Depuis le 23 mai 2025, Emilienne et Jacques Kerhoas, sont désormais des phares pour les enseignants et les nombreux enfants et familles qui fréquenteront encore l’école publique du Faou le plus longtemps possible.